Soixante-huit

Mes raisons d’être sont aussi des raisons d’agir… pour la décroissance, la tolérance, la féminité, la liberté, égalité, fraternité, simplicité

30 novembre 2007

La plaie

Je lève les yeux de mon écran, et elle est là. Oh non, pas elle, pas encore elle. Elle me dit bonjour de sa voix traînante et un peu nasillarde, et elle me demande la même chose que d’habitude, comme si je ne savais pas exactement ce qu’elle cherche, comme si elle croyait que je ne la reconnais pas d’une fois sur l’autre. A mon avis, elle ne m’aime pas beaucoup non plus, depuis que je lui ai dit que le fonds n’était pas inépuisable et qu’elle avait déjà lu tous les livres de ce genre-là. Elle pense qu’elle est dans son droit, parce qu’elle a un abonnement, on doit forcément acheter les livres qui lui plaisent à elle, et les renouveler régulièrement, et rapidement hein, parce qu’elle en lit 3 ou 4 par semaine. Je pense méchamment qu’elle n’a de toute façon certainement rien d’autre à faire de ses journées et de ses nuits. Ses yeux tombants, son pas traînant ne m’inspirent jamais autre chose qu’un profond agacement. C’est pas beau, mais c’est comme ça. J’ai systématiquement envie de lui proposer les livres les plus crus, les plus choquants sur lesquels je pourrais mettre la main. Mais si, je suis sûre qu’un bon petit Houellebecq ou un Ballard, ça lui remettrait les idées en place. Mais non, elle ce qu’elle veut c’est « du Danielle Steel, ou alors des histoires qui parlent d’enfants ou de docteurs, mais pas trop tristes, et puis je préfère que ça ne se passe pas pendant la guerre, et puis pas trop épais aussi, c’est plus pratique… »

Alors, je fais la gentille bibliothécaire, je ne dis rien, j’essaie de ne pas soupirer (bon d’accord, je ne souris pas non plus, faut pas trop m’en demander), et je cherche dans les rayons les couvertures les plus accrocheuses, les plus gnan-gnan, les auteurs les plus rebattus… Je sais bien que je n’ai pas à porter de jugement sur leurs lectures, que c’est déjà bien qu’ils lisent. Mais elle, non, vraiment je ne la supporte pas, elle me fait peur je crois. Elle est tellement figée, tellement incapable de la moindre ouverture vers autre chose, j’ai l’impression de parler à quelqu’un qui est mort depuis longtemps, une sorte de statue en pierre. J’ai peur parce que je ne sais pas ce qui peut provoquer cet état, qu’est-ce qui a pu lui arriver à cette femme (j’ose à peine lui donner ce nom) pour qu’elle soit comme ça ? est-ce qu’on peut devenir comme ça sans faire attention, comme par accident, comme par négligence ? est-ce que moi je risque un jour de devenir comme ça ?

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23 novembre 2007

Carrefour

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Qu'est-ce qui enthousiasme les jeunes dans l'interconnexion ? La conscience que, face aux questions qu'ils se posent, et auxquelles ne répondent pas les mots, les livres et les théories reconnus, ils ne sont pas seuls au monde et peuvent rencontrer d'autres personnes qui se posent les mêmes questions. Sans parler d'intelligence collective, c'est un univers de rencontre qui n'est pas uniquement de l'expression d'opinion, mais aussi la mise en commun de sensibilités et d'aspirations à autre chose. Si l'on ne reconnaît pas ça, on ne comprend pas Internet.
(Philippe Lemoine - Télérama 3019)

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22 novembre 2007

Spectateur passif...

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Nous sommes en effet dans une phase où le pouvoir ne met pas en jeu les libertés fondamentales, mais nous pousse – et peut-être la société se laisse-t-elle elle-même pousser – vers une sorte de passivité, vers l’acceptation de fait du spectacle politique qu’il met en scène, sans répit, et en faisant fi des intermédiaires qui permettent d’ordinaire à la démocratie de fonctionner.
(Michel Wieviorka - Libé 22/11/2007)

Le 30 novembre, journée sans Sarkozy dans les médias. Et aussi dans les esprits, ce serait pas mal : un peu d'air frais !

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11 novembre 2007

La nôtre ?

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« une société terrifiante et paumée, sans norme ni repères, où l'individualisme devient loi, avec l'infantilisme pour excuse et la barbarie comme conséquence »

(critique du film "7h58, ce samedi-là" – Télérama, Pierre Murat)

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06 novembre 2007

5 blogs qui font réfléchir

J'ai été taguée par Madame Irza et je suis atrocement en retard pour répondre... mais mieux vaut tard que jamais !

Il s'agit donc de donner cinq blogs qui font réfléchir... le choix n'est pas facile, je crois que tous les blogs que je lis, même les plus personnels, me font réfléchir ;) Voici mon choix :

A tort ou à raison : "billets d'humeur informels sur le monde où l'on vit... un autre monde est-il possible ?", des notes politiques courtes mais souvent très drôles en réaction à l'actualité

Faisons avancer les choses : le blog d'une maman militante de l'IEF (instruction en famille), de l'allaitement, de la naissance respectueuse... j'aime l'engagement de Pascale même si je ne la suis pas toujours.

Bio-blog, chroniques de deux consommatrices repenties : ce blog n'est plus très actif mais c'est celui qui a été ma "révélation" écologique. Aspen et Cherryplum, mes maîtresses à penser !

D'ombre et de lumière : un blog souvent en résonnance avec le mien, des photos et des réflexions, beaucoup de poésie...

et pour finir, un blog pro, parce que ça fait partie de mes domaines de réflexion :
Bibliobsession 2.0 : "Le blog 2.0 d'un bibliobsédé des bibliothèques (2.0)", un bibliothécaire pointu et actuel dans sa réflexion et qui arrive en plus à me faire hurler de rire (enfin, je me retiens) devant mon écran au boulot ! Par contre, attention, c'est un dangereux macho (2.0 bien sûr !), la preuve : la cage aux bibliothécaires, où il rassemble des photos de bibliothécaires dénudées XD

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